Natacha, Marina, Arthur et Arnold, Serioja et les autres sont tout à la fois des Russes très ordinaires et, comme chacun d'entre nous sans doute, des insectes. Tout ce petit monde à mandibules et élytres tue le temps comme il peut dans une station balnéaire de Crimée: on se saoule à la vodka ou à l'eau de cologne, on fume du hasch, on danse, on baise, on philosophe au clair de lune on rêve de l'Amérique et de l'avenir capitaliste radieux. Et en même temps on volette, on pique et suce le sang, on roule sa boule de fumier, on meurt collé au papier tue-mouches, écrasées par une semelle inattentive ou dévoré par ses congenères. La vie enfin.
Traduit du russe pas Galia Ackermann et Pierre Lorrain.